Gallon revient sur sa saison 2019

Gallon revient sur sa saison 2019

Team Hearthstone

La saison compétitive 2019 est presque terminée pour Hearthstone, après deux saisons de Grandmasters et trois Masters Tours. Pour Gallon, 2019 est une année réussie avec une deuxième place au Masters Tour de Las Vegas et une accession au rang de GM. Le joueur américain est resté quelques jours à Paris avant le major de Bucarest, l’occasion pour lui de revenir avec nous sur sa saison 2019.

GamersOrigin : Qu’est-ce que tu penses de ta première saison en tant que GM ?
Gallon : Dans l’ensemble, si je regarde objectivement les decks que j’ai choisis semaine après semaine, je pense que le niveau de jeu était là. J’ai gagné beaucoup de matches parce que j’ai mieux joué que mon adversaire.

Le principal problème que j’avais était les decks je pense. Ce n’était pas un énorme problème, pas comme si j’avais amené des choses horribles chaque semaine mais ce n’était pas les choix optimaux. SI je devais pointer du doigt ce que j’ai mal fait ou pourquoi je n’ai pas atteint les playoffs, pourquoi je suis cinquième et non pas quatrième, ce que j’aurais pu faire de mieux, ce serait le choix des decks.

Dans l’ensemble je ne suis pas si insatisfait, je pense que j’ai très bien joué et que ce qui importe le plus est le fait que je ne me sois pas complètement raté, j’ai eu un gameplay solide. Je pense que j’ai été malchanceux à certains moments, mais si on blâme la RNG et la chance dès qu’on parle d’Hearthstone, on manque pas mal de choses. Il y avait un moyen de finir à 8-6 au lieu de 7-7, mais 7-7 n’est pas un mauvais score.

GamersOrigin : Était-ce plus dur que ce à quoi tu t’attendais ?
Gallon :
Non. Mais je m’attendais à ce que ça soit très dur. J’avais joué contre chacun des joueurs de la ligue au moins une fois dans ma vie avant. J’ai beaucoup joué contre Purple, qui était membre de GamersOrigin et qui est un ami. En fait, c’est lui qui m’a fait rentré chez GO et nous parlons encore beaucoup.

Concernant le niveau de jeu de mes adversaires, je le connaissais, je n’étais pas vraiment nerveux. Honnêtement, si l’on parle des divisions A et B, je pense que la B était la plus dure.

GamersOrigin : Juste avant la finale à Las Vegas, est-ce que tu pensais que tu pouvais devenir Grandmasters ?
Gallon :
C’était quelque part dans ma tête mais honnêtement, j’essayais juste de me concentrer autant que je pouvais. J’étais vraiment heureux à ce moment-là. J’ai fini par perdre la finale mais c’est quand un même un très bon résultat, c’était un sentiment agréable.

GamersOrigin : Tu as disputé la première saison des GM avec relégations et tu as commencé en 0-2. Tu as changé quelque chose après ça ?
Gallon :
J’ai commencé à 0-2, c’était de la malchance je ne vais pas mentir. Je pense que j’ai joué correctement ces deux matches et c’est ce que je me suis dis. Faire une semaine à 0-2 arrive à tout le monde à un moment et si tu continues avec le même niveau de jeu, tu remontes. J’ai fait le travail et j’ai terminé la semaine suivante en 2-0.

GamersOrigin: Qu’est-ce que tu penses du passage du Spécialiste au Conquest avec phase de bouclier ?
Gallon :
Le Spécialiste était vraiment un format détesté. Je pense qu’il y avait des raisons de ne pas l’aimer. Il ne récompensait pas la prise de risque et c’était ennuyeux à la fois pour les joueurs et les casteurs, sauf si vous aimez étudier les match-ups en profondeur. Ce n’est pas quelque chose que les gens apprécient, personne n’aime un miroir de guerriers contrôle. Cependant ce n’est pas un mauvais format pour les tournois comme les Masters Tours.

Il y a encore des possibilités d’améliorer les formats. Je pense qu’il vaut mieux avoir le Conquest avec bouclier maintenant pour les Grandmasters et pour l’expérience des spectateur.

Le Spécialiste n’était pas un mauvais format : le meilleur des deux joueurs gagnait davantage que le moins bon. Beaucoup de gens perdaient ça de vue quand ils expliquaient à quel point ce format était ennuyeux. Pour ce qui est des parties que j’ai disputées et observées en Spécialiste, le meilleur joueur l’emportait souvent. Dans le nouveau format je pense que c’est toujours le cas mais il offre une meilleure expérience pour les spectateurs.

Cependant, à cause du format BO3, il y a toujours un deck que l’on n’a pas besoin de jouer. Ce qui veut dire que personne ne prendra de risque dans sa line-up. Si vous ciblez précisément un deck, votre adversaire peut très bien ne pas le jouer. Cela conduit à toute cette mentalité autour du fait d’anticiper ce que vos adversaires vont choisir.

GamersOrigin : Est-ce que tu apprécies les tournois par équipe ?
Gallon :
J’apprécie de passer du temps avec les membres de mon équipe, Den et Trec sont de bons amis à moi. Nous avons des approches du jeu très différentes, ce qui est bien : on peut innover et découvrir de nouvelles choses. Mais à l’intérieur d’une partie, cela conduit à beaucoup de “je veux faire ça” et Trec répond “je veux faire ça” et Den dit “je dois jouer quelque chose !”. Une des choses avec lesquelles j’avais du mal en faisant des sports collectifs au lycée et à l’université était de me dire que si nous perdions, c’était à cause d’un coéquipier ou à cause de moi.

Avec Hearthstone, je peux tout contrôler à part la RNG. SI je perds je peux m’en vouloir et si je gagne je peux profiter.

GamersOrigin : Utilises-tu des outils spéciaux en dehors du jeu ?
Gallon :
Il y a beaucoup d’informations semi-publiques que les joueurs professionnels n’utilisent pas. HSreplay est le plus connu, vous pouvez y vérifier les winrate de decks en ladder. Il y beaucoup de parties qui y sont recensées mais souvent la réalité est mal représentée. Par exemple, si Purple et moi pensons qu’un match-up est orienté à 60-40 et que HSreplay dit que c’est du 50-50… Ce n’est pas toujours exact.

Il y a des sites de statistiques plus pertinents. Sur Twitter, Pasca collabore avec des gens pour faire des rapports d’open cups, voir ce qui est bon et ce qui ne marche pas. Il y a aussi le site des GM, où vous pouvez voir toutes les listes utilisées et leur winrate. Et il s’agit des meilleurs joueurs jouant ensemble, alors que sur HSreplay, ce sont justes des parties aléatoires de ladder.

GamersOrigin : Quel est la part de ton entraînement qui ne consiste pas à jouer à Hearthstone ?
Gallon :
C’est un équilibre : jouer à Hearthstone est une façon assez passive de progresser. Je ne me concentre pas vraiment sur comment progresser quand je tente de bien finir dans le ladder par exemple. Ce n’est pas une méthode active. A l’inverse, si je m’assois et que je me dis “ok, je veux savoir exactement comment mulligan et quoi jouer à ce tour contre tel deck”…

Cette progression active vient de l’analyse quotidienne, quand on s’assoit et qu’on essaie de travailler dans une méta.

GamersOrigin : Quelle est ta classe préférée ?
Gallon :
Ma classe préférée a été le guerrier. Maintenant c’est le voleur. Ce n’est pas le meilleur deck mais il a son style de jeu.

GamersOrigin : Est-ce une coïncidence si voleur revient souvent comme réponses parmi les pros ?
Gallon :
Non, parce que c’est une classe avec beaucoup de décisions à prendre. Cela signifie qu’on peut aller plus au fond des choses. Un deck populaire en ce moment, c’est le paladin highlander, où tu veux curver: tu joues une carte qui coûte 1 au tour 1, une qui coûte 2 au tour 2… Mais avec le voleur, il y a tant d’options à chaque tour que je peux avoir 10 choix possibles même au tour 3.

Je pense que plus tu as de choix, plus tu as de contrôle et que les bons joueurs aiment avoir plus de contrôle.

GamersOrigin : Quelle carte retirerais-tu du jeu ?
Gallon :
Si je devais retirer une carte… Je pense que Hearthstone est plutôt sain en ce moment. Il y a certaines cartes que je modifierais. La carte qui me l’a fait le plus ressentir récemment, c’est la galaxie de poche de Luna. Elle était trop forte et ce n’était pas amusant de jouer contre. Ils ont fini par la modifier.

GamersOrigin : Et changerais-tu quelque chose au système compétitif ?
Gallon :
Oui. J’ai grindé le circuit 2018 avec quelques très bons joueurs qui ont fini GM. Les bons joueurs, vous saviez qui ils étaient. A la fin de l’année, certaines personnes avaient en permanence de bons résultats de tournoi en tournoi, avec Hunterace à leur tête et beaucoup qui le suivaient. Cette année, j’ai l’impression que c’est personnes n’ont pas assez d’opportunités, en tout cas avec les 3 Tours Stops de la saison. Même moi, je n’ai pas été GM cette année en raison de mes performances en 2018 mais parce que j’ai très bien réussi sur un seul événement.

Le changement principal que je ferais serait d’ajouter une seconde ligue : beaucoup d’inconnus sont de très bons joueurs qui méritent d’avoir leur chance.